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Synthèse

Point éco

Nous connaissons depuis le début de l’année une forte progression des indices action (le CAC 40 a progressé de 11 % depuis le 1er janvier). Les marchés financiers ont été soulagés par la bonne tenue des indicateurs économiques. La stratégie des banques centrales de remonter les taux d’intérêts n’a pas trop impacté les indicateurs économiques, et a été bien prise par les marchés, car l’objectif était de créer une récession technique pour réduire l’évolution de l’inflation.

Le moral des entreprises, leurs résultats 2022 ainsi que le marché de l’emploi ont étonnamment bien résisté à la situation

La réouverture brutale et non anticipée du marché chinois a contribué également à la remontée des marchés.

Situation des principales zones géographiques​

États-Unis

L’inflation reste stable et les marchés anticipent une baisse de taux de la FED avant la fin de l’année. La consommation des ménages a fortement progressé en janvier, et l’activité industrielle reste stable. 

Les valeurs américaines sont légèrement supérieures au niveau de janvier 2022.

La stratégie de la FED pour éviter la surchauffe de l’économie américaine est vue par les marchés comme le scénario principal ; ces derniers anticipent donc un atterrissage en douceur, avec dans un premier temps une légère récession permettant de contenir l’inflation, et dans un second temps un abaissement des taux pour faire repartir l’économie.

Aux États-Unis, l'inflation est consécutive à une surchauffe de l'économie provoquée par des paramètres internes : forte croissance économique les années passées, forte création monétaire poursuivie pendant la pandémie, taux de chômage historiquement bas,… De plus, les États-Unis sont producteurs de pétrole et matières premières, et donc moins dépendants des importations que la zone euro. La FED peut ainsi avoir la main sur la manière dont gérer la montée d'inflation.

Zone Euro

La forte remontée des marchés européens n’était pas du tout anticipée par la plupart des acteurs financiers. Les résultats des entreprises ainsi que les indicateurs ont été très résilients. Ces derniers sont d’ailleurs revenus proches des niveaux de début d’année 2022.

La baisse des prix du gaz, du pétrole et l’inflation meilleure qu’anticipée ont bien entendu aidé à la performance de ce début d’année.

En zone euro, la situation est un peu différente qu'aux États-Unis : l'inflation provient d'une forte accélération de création monétaire lors de la pandémie, mais également d'une forte augmentation des prix de l'énergie, consécutive à l'embargo russe sur le gaz et le pétrole. En effet, la situation géopolitique avec la Russie a créé une forte crise énergétique pour l'Europe, contrainte de payer ses exportations de gaz ainsi que son électricité à des prix jamais vus auparavant. Ce facteur exogène a eu pour effet de "booster" l'inflation existante. Par ailleurs, la zone euro a indexé le prix de l'électricité au gaz, entrainant la surchauffe subie par le gaz sur l'électricité. En zone euro l'inflation est donc pour partie importée, ce qui en empêche une complète maîtrise par la politique monétaire européenne.

Chine

Le déconfinement brutal de la population chinoise en janvier est une bonne nouvelle pour l’économie mondiale. Du jour au lendemain, la population a pu reprendre une vie normale. 

Du fait des restrictions, les chinois ont augmenté leur niveau d’épargne de 50 % et se retrouvent à nouveau en capacité de consommer. 

Cela devrait être un moteur pour l’économie mondiale en 2023. Les entreprises implantées en Chine devraient connaître une forte progression de leurs chiffres d’affaire.

Une remontée surprise

Notre avis sur la situation

Comme la plupart des acteurs financiers, nous avons été surpris de la forte remontée des marchés et des indicateurs sur le mois de janvier

Nous restons toutefois mesurés car nous estimons que les effets des politiques des banques centrales et de l’inflation ne sont peut-être pas totalement encore intégrés par les marchés.

La situation géopolitique reste également un facteur de stress important pour l’Europe. Le niveau actuel de valorisation des marchés financiers est supérieur aux prévisions pour l’ensemble des acteurs sur l’année 2023.

Nous restons donc sur un scénario principal pour 2023 constitué d’un niveau de volatilité (encore) élevé et d’une inflation supérieure à 5 %.

Actions, obligations, immobilier

Notre avis sur les types d'actifs

Obligations

Après la baisse historique en 2022 du marché obligataire, nous voyons poindre un début de valorisation sur cette année.

En parallèle, nous pensons que les fonds garantis en euro devraient progresser dans les années à venir, ce qui devrait réduire l’intérêt de la classe d’actifs sur les assurances vie.

Actions

Nous estimons que le niveau actuel peut être intéressant pour effectuer une prise de bénéfices, car les valorisations sont supérieures aux anticipations du marché.

Les actions et fonds actions restent une classe d’actifs à ne pas négliger car elle reste la plus performante sur le long terme.

Immobilier

Du fait de la remontée des taux d’intérêt, nous devrions connaître une baisse en 2023 proche de celle connue en 2009 sur l’immobilier.

Malgré cette baisse à court terme, nous restons positifs sur cet actif à moyen terme. 

Le scénario de la détente des taux des banques centrales pourraient faire remonter les valeurs de l’immobilier rapidement. 

Nos préconisations

1

Sécuriser les plus-values réalisées ces dernières semaines.

2

Conserver des liquidités en cas d’opportunités de marchés, au prix de l’inflation.

3

Parallèlement - selon les cas - laisser une partie diversifiée pour diminuer les effets de l’inflation, et/ou investir en diversifiant (toujours selon ses projets, son profil investisseur, son horizon de placement) mais surtout de manière lissée pour atténuer les effets de la volatilité.

4

Privilégier encore et toujours le système de versements programmés mensuels pour l'achat d'actions, de façon à lisser les points d'entrée régulièrement et dans la durée.

Lexique

Accroissement excessif des instruments de paiement (billets de banque, capitaux) entraînant une hausse des prix et une dépréciation de la monnaie (s’oppose à déflation).

– Dictionnaire le Robert

L’inflation est la perte du pouvoir d’achat de la monnaie qui se traduit par une augmentation générale et durable des prix. Elle doit être distinguée de l’augmentation du coût de la vie. La perte de valeur de la monnaie est un phénomène qui frappe l’économie nationale dans son ensemble (ménages, entreprises, etc.).

L’indice des prix à la consommation (IPC) est utilisé pour évaluer l’inflation. Cette mesure est partielle étant donné que l’inflation couvre un champ plus large que celui de la seule consommation des ménages.

INSEE

Une banque centrale est une institution publique qui gère la monnaie d’un pays ou d’un groupe de pays et contrôle la masse monétaire, c’est-à-dire la quantité de monnaie en circulation. Le principal objectif de nombreuses banques centrales est la stabilité des prix. Dans certains pays, les banques centrales sont tenues par la loi d’agir en faveur du plein emploi.

Banque Centrale Européenne

Banque centrale américaine : Federal Reserve Board.

voir Banques centrales

Principal outil conventionnel de la politique monétaire, le taux directeur est le taux d’intérêt fixé par une banque centrale pour les prêts qu’elle accorde aux banques commerciales qui en ont besoin. Il influence le taux d’intérêt auquel les banques commerciales prêtent à leur tour à leurs clients, notamment les ménages et les entreprises. Dans la zone euro, la Banque centrale européenne (BCE) utilise, comme d’autres banques centrales, non pas un mais trois taux directeurs.

Banque de France

Capacité (d’un investissement) à procurer un bénéfice.

Dictionnaire le Robert