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Point éco

La politique protectionniste de Donald Trump a déclenché une instabilité économique mondiale, avec des droits de douane élevés affectant les États-Unis, l’Europe et la Chine. Les marchés financiers ont chuté, mais un apaisement des tensions semble se profiler avec un report des mesures américaines. Dans ce contexte volatil, il est recommandé de diversifier les actifs, investir progressivement en actions pour capter d’éventuelles opportunités, et opter pour l’or physique.

Notre analyse de la situation

  • Liberation Day

Donald Trump a augmenté les droits de douane de façon significative contre la majorité des pays, notamment +20 % pour la zone euro et +34 % pour la Chine. Cette mesure a créé un choc sur les marchés financiers, provoquant une chute des indices américains (-15 %), européens et chinois, ainsi qu’une baisse des taux d’intérêt souverains.

  • Risques de récession

La hausse des tarifs douaniers augmente le risque de récession mondiale, bien que certains anticipent des négociations qui pourraient atténuer l’impact économique.

  • Banques centrales

En cas de récession, la politique monétaire pourrait s’assouplir davantage, malgré une inflation perçue comme temporaire et due aux hausses tarifaires.

Ce contexte de guerre commerciale a créé à court terme une instabilité des marchés financiers. En manque de visibilité, la volatilité a fortement augmenté et les marchés ont corrigé de 15 % aux États-Unis et de 10 % en Europe. La politique de Donald Trump, avec des droits de douane extrêmement agressifs envers ses partenaires et alliés historiques, a provoqué des réactions de réciprocité ou de renégociation.

La réaction de la Chine a été rapide et forte, commençant par des mesures de réciprocité puis en utilisant d’autres moyens de riposte tels que les réserves de change en dollars ou les restrictions sur les terres rares. L’impact des actions de la Chine sur les États-Unis semble avoir contraint Donald Trump à revoir sa stratégie. Il a ainsi reporté la date de mise en place des augmentations des droits de douane, ce qui a apporté un premier soulagement aux marchés. Le discours américain semble évoluer vers des négociations plus apaisées avec des niveaux de taxation réduits.

Situation des principales zones géographiques​

États-Unis

La politique protectionniste pourrait freiner la croissance américaine, estimée à seulement 1 % pour 2025 contre 2 % anticipé initialement. La hausse des prix pourrait entraîner une inflation temporaire de 2 % à 2,5 %.

Zone Euro

La croissance est revue à la baisse avec un impact potentiel de -0,5 point de PIB. Cependant, le plan d’infrastructures allemand (500 milliards €) pourrait stimuler la croissance de 0,3 à 0,4 point en 2026-2028.

Chine

La Chine est présentée comme une alternative crédible avec un potentiel de croissance de 5,5 % pour 2025. Les actions chinoises restent attractives, mais le pays est également ciblé par des hausses tarifaires américaines (de 20 % à 54 %). 

Nos anticipations

Scénarios macroéconomiques

La situation actuelle préfigure deux scénarios pour cette année :

Scénario n°1

La guerre commerciale et les droits de douane provoquent un choc tel que les marchés finissent par entrer en crise financière. Bien qu’une crise soit par nature anxiogène, elle peut également représenter une opportunité exceptionnelle pour investir.

Scénario n°2

Les États-Unis modifient leur stratégie après l’échec de leur politique protectionniste, entraînant une stabilisation des marchés. Ce scénario semble actuellement le plus probable.

Dans ce contexte, la volatilité peut être mise à profit pour investir progressivement. La diversification des actifs est essentielle pour traverser ces moments d’incertitude avec sérénité. Investir uniquement sur une ou deux classes d’actifs peut fragiliser le patrimoine. N’hésitez pas à solliciter un conseil personnalisé.

Scénario central sur les marchés

  • Actions

Forte volatilité attendue. Les corrections pourraient représenter des opportunités d’achat, mais le risque de nouvelles baisses persiste en cas d’escalade des tensions commerciales.

  • Obligations  

Le mouvement baissier des taux d’intérêt a conduit à des prises de bénéfices sur les obligations souveraines. Les obligations de haute qualité restent surpondérées, mais la prudence est de mise sur le crédit spéculatif (« High Yield »).

Notre avis sur les types d'actifs

OBLIGATIONS

Conserver une surpondération en obligations souveraines de qualité. Réduire l’exposition au crédit spéculatif.

ACTIONS

La situation actuelle est très volatile. Nous conseillons de conserver les investissements déjà réalisés. Investir de manière progressive sur un horizon supérieur à 6 mois pour profiter de la volatilité des marchés (avec un horizon de placement maîtrisé) peut être une bonne stratégie.

IMMOBILIER

Les baisses de taux attendues cette année par la banque centrale pourraient stimuler le marché de l’ancien. En revanche, le marché du neuf et de la location reste pour l’instant sinistré.

OR PHYSIQUE

L’or a progressé grâce aux tensions géopolitiques et à la demande des banques centrales. Les hausses de droits de douane, génératrices d’inflation, soutiennent également son prix. Bien qu’un apaisement des tensions sino-américaines puisse engendrer de la volatilité, le potentiel de l’or reste solide à long terme.

Lexique

Jour où Donald Trump a instauré des droits de douane significatifs contre la majorité des pays, provoquant un choc économique et financier mondial.

Taxes imposées par un pays sur les importations de produits étrangers pour protéger ses industries locales ou pénaliser des partenaires commerciaux.

Mesure de l’ampleur des variations des prix des actifs financiers. Une volatilité élevée indique une forte incertitude sur les marchés.

Période prolongée de déclin de l’activité économique, généralement mesurée par une baisse du PIB pendant au moins deux trimestres consécutifs.

Institution financière nationale ou supranationale qui gère la politique monétaire d’un pays ou d’une zone économique (ex : Banque centrale européenne, Réserve fédérale américaine).

 

Augmentation générale des prix des biens et services, entraînant une perte de pouvoir d’achat de la monnaie.

 

Stratégie employée par une banque centrale pour influencer la croissance économique, le niveau des prix et le taux de change par le biais des taux d’intérêt et des réserves bancaires.

 

Taux d’intérêt appliqués aux emprunts d’État, servant de référence pour le coût du financement public et des obligations d’État.

Titres de dette émis par un gouvernement pour financer ses dépenses. Elles sont généralement considérées comme des investissements plus sûrs que les obligations d’entreprises.

Obligations émises par des entreprises ou des gouvernements présentant un risque de défaut plus élevé que la moyenne, mais offrant des rendements plus attractifs.

Stocks de devises étrangères détenus par une banque centrale pour stabiliser sa propre monnaie ou pour intervenir sur le marché des changes.

Groupe de 17 métaux essentiels pour les industries technologiques, détenus en grande partie par la Chine, utilisée comme levier économique et stratégique.

Programme de dépenses publiques visant à moderniser les infrastructures (transports, énergie, numérique), souvent utilisé pour stimuler la croissance économique.

Stratégie d’investissement consistant à répartir les investissements sur différentes classes d’actifs (actions, obligations, immobilier) pour réduire les risques.

Durée prévue pendant laquelle un investisseur souhaite conserver un actif financier avant de le vendre.

Période jugée favorable pour investir dans un actif en raison d’une baisse temporaire de son prix ou d’une perspective de rebond.

  • Marché de l’ancien : Immobilier existant depuis plusieurs années.
  • Marché du neuf : Biens immobiliers nouvellement construits ou en construction.

 

Scénario économique considéré comme le plus probable parmi plusieurs hypothèses.

Événement imprévu ayant un impact significatif sur l’économie, entraînant des perturbations des marchés, des prix ou des politiques monétaires.