Franc a souscrit en 2000 un contrat d’assurance-vie sur lequel tous les versements ont été effectués avant ses 70 ans. Sur la clause bénéficiaire de ce contrat, il a souhaité désigner sa femme, Marjorie, usufruitière des capitaux, et sa fille Solène, nue-propriétaire.
À son décès, la valeur du contrat s’élève à 400 000 €. Marjorie a alors 78 ans. La valeur de son usufruit est de 30 %, soit 120 000 €. La valeur de la nue-propriété est de 70 %, soit 280 000 €.
Fiscalité applicable aux capitaux :
Marjorie ne paiera rien, puisque le conjoint est exonéré de droits de succession et du prélèvement de l’assurance-vie depuis la loi Tepa de 2007.
En revanche, Solène sera taxée à hauteur de 30 % sur la valeur de la nue-propriété. Elle bénéficie d’une fraction de l’abattement de 152 500 € de l’assurance-vie, correspondant à la valeur de la nue-propriété (70 %), soit un abattement proratisé à 106 750 €. Solène est alors taxée à 30 % sur un montant de 280 000 € (280 000 – 106 750 = 173 250 €), ce qui représente une fiscalité totale de 34 650 €.
Si Franc avait utilisé une clause classique (« mon conjoint, à défaut mes enfants ») – en reprenant les mêmes paramètres – Marjorie n’aurait pas eu de fiscalité, mais imaginons qu’elle ait versé les capitaux reçus de Franc sur une nouvelle assurance-vie ; ce versement aurait alors été fait après ses 70 ans.
À son décès, les conséquences fiscales auraient donc été toutes autres pour leur fille Solène : cette dernière aurait bénéficié d’un abattement de 30 500 € et aurait été fiscalisée au-delà au barème des droits de succession.
En admettant que ce barème soit de 20 %, Solène aurait été alors taxée à 20 % sur un montant de 369 500 € (400 000 – 30 500 = €), ce qui représente une fiscalité totale de 73 900 €.
Dans cet exemple, le gain fiscal de la clause bénéficiaire démembrée par rapport à la clause classique est de 39 250 €.